Perdus dans l'espace transitoire de leurs pauvres illusions, navigants dans les pâleurs étendues qui bercent l'âme esseulé de tels génies, ils se sont inventé des paradis perdus, de belles visions anarchiques. Levé dès l'aube fraîche, recherchant les notes artificielles qui peuplent leurs imaginations de courants d'air, d'allusions nostalgiques, de lunes cachant les vraies raisons de tels mépris, de tels costumes satinés. Leurs regards s'émerveillent de tous, magie des rayons qui peuplent leurs imaginations folles, nature abstraite qu'ils traitent avec élégance dans leurs couleurs, leurs mots d'azur et d'argent.
Ils recherchent désespérément depuis la nuit des temps leurs muses, celles qui d'un regard poétique leur permettra de trouver la paix des âmes seules. Elle se nomme soleil, ciel mélancolique où encore jeunesse rebelle d'une vie jamais rassasier. Ils rêvent paisiblement le jour de la nuit si belle, s'endorment la plume ou le pinceau dans leurs mains usées par tant de mouvements, fanées par le temps, ce traître d'or qui emporte le présent dans son futur de papier. Leurs nuits sont blanches, faites de rires et de larmes, de paradis artificiels qu'ils laissent inlassablement croître, espérant toucher de leurs mots l'immensité du ciel. Celui-ci est formé à leurs pauvres yeux de nuances bleues mélancoliques, de nuages qui absorbent les lumières telles de grandes lampes irréalistes, dessinant les formes que leurs envies guident aux travers de syllabes, de notes rouges comme les tempêtes de sables dans un désert de colère.
L'amour n'a plus de secret pour leurs forteresses nostalgiques, ils l'embrassent chaudement, tels des lagons de baisers qui dévalent leurs yeux sans cesse affamés par tant de beauté.
Ennemis du temps et des époques, ils sont étrangers au monde, perdus dans leurs pensées intemporelles, un monde dont les secondes s'étalent en lumières, couleurs magiques des grands peintres surréalistes, notes des écrivains du peuple. Mais ils le comprennent, volent au-dessus de la logique des grands vents. Gémissant par leurs pauvretés, ils fuient la mort, cette terrible souffrance qui leurs échappent, la fin des doux rêves qu'ils ne peuvent imaginer dans leurs solitudes, devant des feuilles vides d'amertumes, esseulé de richesse.
Leurs amours s'envolent souvent vers d'autre jardins, plus vert que leurs peintures, plus beaux que leurs mots. Les âmes infidèles peuplent leurs chambres, leurs maisons simples qui remplies de livres ou de manuscrits, alternent les passions grandissantes et les déceptions absurdes. L'absurde, voilà le maître mot de ces lieux colorés, notion surréaliste où l'Homme dans sa grandeur se rend compte de son existence éphémère, de son inexistence dans l'infini.
Jouant avec la vie par le feu, consumant leurs restes dans des folies de liberté pour tous, ils sont souvent rejetés, mal compris d'une société basée sur l'envie de vouloir, reine des esclaves dans le lit d'amants inconscients. Leurs rêves, paisibles et enflammés d'une légèreté utopique les emmènes dans des horizons où les collines si hautes, et les mers si grandes ne peuvent qu'assouvir leurs propres destinées. Mais quand vient l'aube, si belle aube qui fane les peintures et les rimes, quand vient la lumière qui dessèchent et embaume les regards des amants littéraires, ils se sentent impuissant d'un nouveau jour, où toute vie est à refaire, où tous espoir est réalisable.
Pour tous les artistes du monde entier, avec l'espoir qu'au jour nouveau s'entremêle leurs écrits et peintures sur une vie qui sans cesse les embellis par sa beauté.
Jonathan Cimino.