J'attendais, paisible mais impatiente mon ombre se dandinait autour des rues, faisant tomber les fleurs des balcons romantiques d'où la vue s'étendait vers l'audace des jeunes amoureux qui timidement, frôlaient les lèvres de l'incertitude, savourant l'intensité gourmande du moment présent. Le jeu des inconnus au parapluie de satin diminua, ils se promenaient fatigués le long des arbres nostalgiques des grandes forêts de juillet, mémoire des rivières d'où se baignent les petits poissons d'argent peureux. Soudain, inconscient je me suis retourné, ébloui par cette lueur aux yeux de nuit, victime des regards songeurs et arrogants qui peuplent les grandes cités célibataires. Elle se déplaçait magnifiquement par le vent, rapidement apaisée par la brise chaude de l'été, ironique chaleur qui délaisse les nuits d'orages, qui réchauffe les poètes maudits.
Silencieusement, mes yeux l'ont observé toute la soirée, prolongeant la nuit, repoussant le jour par nos verres se vidant et par nos rires, souriant au jour nouveau qui prolongerai alors l'espoir de nouveaux rendez-vous...
L'audace des premiers regards nous à envoutés, liberté des mouvements dans l'inconscience d'une vie, refusant l'intimité des relations humaines, nous nous sommes confié à la lueur de l'aube encore fraîche et innocente de nos paroles. L'amitié m'a gagnée, les ruses de la séduction se sont mises à applaudir dans ma pauvre tête, victime des phrases banales des grands séducteurs en costume brillant de fausse modestie. Au fur et à mesure que le temps, ce dieu fou avançait ses aiguilles meurtrières dans le bleu étoilé du ciel, ma vision de cette belle inconnue se modifia. Calmement, doucement ensevelie par le silence, des traits commencèrent à prendre forme, des courbes d'ouvertures, de franchises, de regards abstraits, ensemble de critères marginaux, de mots doux métalliques qui déclament les roses en poèmes.
J'ai laissé mon âme s'évadé à travers le temps, les pièces des maisons voisines, autour des rêves réalistes que font les dormeurs du jour. Je lui ai laissé le loisir de se balader, de courir vers la lumières des villes, mais elle n'a rien voulu entendre, elle est resté docile, à côté de cette fille inconnue qui en l'espace de quelques heures s'était transformé pour mon salut en femme fatale, en amie sincère qui m'avait au fils de ses notes raffinées apprivoisé les émotions fatales des grands soirs de séductions. Magie rebelle, les couleurs se sont accentuées jusqu'à la fin, du rouge s'est volatilisé, du jaune s'est imprégné dans l'absolu et moi, seul j'ai rêvé de mauve pour peindre la vie des drôles de gens au parapluie, joueurs des grands boulevards de la vie.
Jonathan Cimino, pour une belle inconnue qui se reconnaîtra dans l'intimité d'un comptoir cubain, dans l'absence de restaurant à salade faute de réservation ;-)




