Alchimie du verbe

Alchimie du verbe
Les lumières enfantines rafraîchissaient les ombres des grands boulevards colorés par cette nuit qui peinait encore à se faire maître. Les passants faisaient danser leurs âmes au dessus des pavés usés de lassitude. Les sons s'envolaient vers les pauvres vieillards, mélancoliques de leurs jeunesses envolées par les souvenirs des défuntes rencontres. Des tables en vieux bois s'ornaient de lanternes, tamisant et consumant l'espace entre la piste et les mouvements abstraits. J'y ai vu des êtres s'embrasser, se caresser sous l'ivresse du premier regard, celui qui fait tant briller les pauvres horizons.
Une femme, si belle dans son expression d'alchimiste désabusée disparu de ma vision, se refléta sur mon c½ur et se marqua sur mon corps. Ses courbes se dessinèrent sous l'ambiance des bambous parfumées, des collines songeuses. Son visage était celui du mystère, incompréhensible par sa finesse et pourtant déjà nostalgique par sa beauté. Son corps ma fascina tous de suite, imaginant les variations sensuelles qui frôlaient sans cesse ma peau déjà rouge d'envie.
Dans la lueur de ces folies si chaudes, mon regard à suivi le vent qui faufilait ses battements énergiques au-delà des lignes bleu pâle. Je l'ai vu s'accrocher à un arbre, le faire vibrer de certitude, l'enlacé de mensonge. Observant ces vitesses, je me suis rendu compte que les souvenirs s'étaient évanouis et avec eux les notions d'arbre, de forêts immenses, d'environnements magnifiques. Je ne me souvenais plus que ce fût un arbre et pourtant me sentir si proche de ce corps grandi sous les années naissantes me monta l'âme. Je restai là, contemplant l'inaccessible jusqu'à ce qu'il m'apprivoise. Les frémissements de ces branches latentes, ces mouvements ambigus dans le désir d'une vie entière me projetèrent dans le passé. Mon Je était devenu un autre, un étranger dont les vices n'étaient plus cachés par ces conventions absurdes que place les langues affamées. Les mots étaient inconnus, oubliés des années difficiles, de guerres du verbe, d'alchimie perdue. La signification n'avait plus de sens, les rues s'étaient effacées par la mélancolie des vieux artistes. Les violons n'avaient plus de cordes, les sons évaporés par le hasard se continuaient mollement au travers des courants de vie.
Les regards se sont accentués, les baisers ont frôlés les différences, ont annoncés la morale déclinante des échanges si beaux de leurs tournures aléatoires. Je pense encore que c'est à cet instant que j'ai compris ce qu'était l'amour. Il n'est pas, n'existe que dans l'imaginaire des gens malheureux, dans les rêves des idéalistes. Il est l'invention futile d'Hommes désespéré par l'idée de ne pas exister, se décline en versions plus ou moins établies mais ne détient pas de limite. Il est composé de colère, de bonheur égoïste, d'angoisse absurde, de folies magnifiques, de destinées érotiques. Je me soumets avec un optimisme mécanique, je ne l'ai jamais connu. Les expériences que mon corps à vécu se sont limités aux banalités dociles qui hantent les vendeuses de rêves, qui tragiquement hypnotisent les riches c½urs, remplis de haine et de sang. Ces revendeuses se lassent très vite, s'envolent vers l'infini emportant avec les c½urs brisés de solitudes pour les emmener loin, loin vers la mort.

Je me rends compte de plus en plus que peut importe ce que l'Homme vis où crois vivre, peut importe les rencontres éphémères dans l'intimité d'une chambre, d'un bar où d'un cinéma elles ne seront jamais qu'un vague souvenir pour l'âme seul d'un monde trop banal, bien trop éphémères pour mon salut, bien trop absurde pour ma conscience.


Bien vite Cuba, ma belle...



Jonathan Cimino (Ecrit pendant ma pause de travail, 19juin 2009).
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# Posté le dimanche 21 juin 2009 11:57

Modifié le dimanche 21 juin 2009 18:14

Petit déjeuner avec un Prince

Petit déjeuner avec un Prince
Je veux des visions, des regards incompréhensibles dans l'intimité d'une scène, robuste et fascinante. Je veux que les idées les plus folles et les sentiments illogiques se marquent sur les corps des reines de la nuit. Les mots se doivent d'être remplis de mystères, innommables et judicieux de s'évaporer dans la bouche des gens heureux, soufflés par des langues majestueuses. Les regards, de Belgique à Cuba doivent se faufilé dans l'inconscience d'une vie, reflétant les émotions indirectes de la passion.
Je rêve en pleine journée de rencontre, de situations absurdes dans le chemin des perdus, lieu de poésie abstraite et de folles caresses. Mes doigts se veulent guider par les pulsions héroïques, finesse grandissante sous les variations hivernales des petites maisons chaleureuses. L'inconnue se tiendrait devant moi, son ombre frapperai mon ombre en plein c½ur et rejoindrai ainsi le mystère des vérités. Les verres se rempliraient de gourmandises, buvant sous le coup de la peur de blesser l'intimité, de faner l'illusion de séduction imparfaite.

Les vies se doivent de remplir le vide intérieur de l'Homme, lui parsemé l'âme en chantant des banalités humaines, en le regardant grandir. Je veux voir des sourires au coin des lèvres délicieuses, observer les fantasmes et oublier que les comportements ne tiennent qu'à sa propre survie. L'égoïsme n'existe pas puisqu'il est présent partout, il est méthodiquement préparé pour l'évolution des espèces.


J'ai l'illusion et le bonheur de croire en l'Homme, la perfection n'est qu'illusion et tant mieux. Personne ne voudrait de la perfection, bien trop grande responsabilité que de montrer le jour t'elle que le monde le désire. Non l'Homme est plus raffiné que la perfection, bien plus sensible que la notion d'amour elle-même.
Je ne connais que l'Homme pour faire souffrir, aimer, jouir, pleurer et s'extasier devant son prochain. Je ne désire que la vie pour reflété ce que mon imagination me dicte, je ne connais que la mort pour faire taire les mots, mais laisser respirer les écrits.

Enfin je voudrai renaître plus inconscient encore, refaire les mêmes erreurs mais en souriant cette fois, me laisser porter par le vent, voyager dans le monde, voir réellement ce qui nous entoure et analyser, décortiquer, observer, se saouler des merveilles de mon prochain. Je ne dormirai plus, fatiguerai mes pensées jusqu'à l'aube, les rafraichissants au petit matin avec des baisers, les nourrissants d'amour futiles.



Pour mon petit prince Enzo, avec l'espoir qu'il se rendra vite compte de sa propre liberté.


Jonathan Cimino.
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# Posté le mardi 16 juin 2009 11:28

Les passeurs de lumière

Les passeurs de lumière
Il faut avoir observé pleinement la nuit, longue robe endiablé d'étoiles majestueuses pour pouvoir contempler le jour qui renaît sans cesse plus vite. Pourquoi tant de mystère entoure ces collines de nuages, surnagé par des pattes de coton? Les orchidées du ciel viennent d'ouvrir leurs vertus immaculées de gourmandises au sein des astres mélancoliques. Je vois des tracés féériques, des images d'eau et de sels couvrir encore pour l'espace d'un temps ces taches bleues azur qui sommeillent de doux soleil.

Soudain, calme latitude s'entremêle d'espions venus de la nuit, brillant par tant de flots de lumière, aveuglant les poètes nostalgiques. Déstabiliser par le flux d'émotions qui sépare le jour de la nuit, ces poètes s'inventent une voie lactée formée de syllabes, d'intonations irréalistes. Je les vois à présent se débarrasser du jour, cacher leurs magnifiques écrits pour former des couleurs. Le blanc représenterai alors le silence de l'absolu, le jaune s'alternerai avec la timide réalité, le noir dirai tout sans rien dire, s'imprègnerai de la vie au sein de la mort.

J'ai baigné mon corps dans cette marée, céleste et innocente petite étoile me regardai sans rougir, observant calmement les variations d'apesanteur. Je suis parti très loin, bien plus loin que l'infini, bien plus loin que je ne l'aurais voulu. J'ai voyagé, écrivant le monde tel qu'il se présente dans mes songes, nappé de paysages inconnus aux allures sauvages, inexploré par l'origine de nos vies. Mon corps avait vécu trop de choses, mon âme peiné trop de souffrance, de plaisir, mon c½ur pris trop de risque.

Mon monde n'est pas si différent, il se décline en mouvement coloré, aléatoirement répartis sur les montagnes sucrée et non plus salée par l'amertume des conventions. Je rêve souvent à l'immortalité des horizons, le ciel d'un bleu mélancolique se projetterai sur la terre pour éclairé ces longues ballades d'où les passants ironiques observeraient la ville de mille lumières. Je voudrai que les villes ne dorment plus, que le peuple se réunissent la nuit pour parler, manger, danser, s'adonner à des mouvements continus là où le vent s'éterniserait de lassitude...

J'ai subitement ouvert mes yeux, le calme rassurant des avions, brassant mollement l'air me réconforta de suite. L'aube libéra sa fraicheur sur mes tempes, nu d'avidité. Ce n'est qu'en regardant le soleil ouvrir les rideaux de la vie que j'ai réalisé que la vie elle-même était représenté dans chaque sourire, dans chaque défauts et que seuls les passeurs de lumières avaient le pouvoir de réécrire la nuit, de sauver le jour.


Jonathan Cimino.
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# Posté le lundi 15 juin 2009 10:18

Destin fatigué!

Destin fatigué!
Du temps où je frémissais, voyant l'horizon
Je ne me sentis plus guidé par le hasard
Je me rendis frileux, en quête de saisons !
Je n'y trouvai rien, rien que je ne puisse croire...


Jugeant ma vie, loin des illusions
Je me sentis comme blanchis par mes variantes !
Ô querelles de paix, n'oublie pas ma rançons !
Me laissant dans l'oubli d'une caresse latente...

Je te hais, Ô grandeur !
Toi qui me donne mon âge, me voila ma personne, mes valeurs
Mettant mon c½ur, ma vie en cage !

Mon respect s'évalue tout comme ma personne
Ma ruse étant mal faite, sombre dans l'inertie
M'indiquant le bonheur ma vie fut monotone
Jusqu'au jour, où m'intriguant mon c½ur recommença ses manies

J'ai peur, peur de recommencer à aimer !
Recommencer à me protéger, me protéger de ses voleurs
Qui dans la rancune, avec leurs paroles vont me blesser
Entraînant la poursuite, le commencent et l'époque du malheur !


Cimino Jonathan, Le 5 décembre 1996.
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# Posté le lundi 15 juin 2009 08:46

Lettre à mon pauvre coeur...

Lettre à mon pauvre coeur...
Mon pauvre c½ur,


Trop longues sont les heures qui engloutissent nos ambitions, abattu par tant de révolte, tu ne peux à présent plus que t'illuminer de temps en temps... J'ignore combien de temps je suis resté dans l'obscurité. Souvent couché sur ce que je crois être de la glace je vois des formes. Celles-ci se déclinent en une infinité de versions, passant d'auréoles profondes aux montagnes nostalgiques qui scrutent ces murs délavés. J'ai suivis des nuits entières leurs parcours, leurs trajectoires aléatoires mais déterminés par les fissures du temps. Mes yeux s'étaient habitués à ces ténèbres latents, incertains de respirer de l'air, étouffants à chaque bouffées. Cette pâleur si froide me rentre dans les os, le c½ur, m'enrhume le cerveau.

Je crois devenir fou. Je me persuade que si je reste immobile, sans respirer ni cligner des yeux je pourrai arrêter le temps.
Je sens tes battements, tragiquement irréguliers par les remords qui te rongent, insuffisant pour la vitalité que tu perds lors de chaque secondes meurtrières.
Je t'avais pourtant prévenu d'aimer cette princesse de sable plus que tout, avant qu'elle ne s'envole dans le vent de la colère... Nous voilà bien malheureux maintenant...

Tu te souviens petit c½ur ? La première fois que tu l'as vu tu t'es mis à sourire de joie, rythment ces immenses courbes aimantes jusqu'à l'aube matinale. Tu avais tant de blessures orageuses, meurtri par le chagrin des paradis perdus. Ta vision ne se reconnaissait plus, et moi timide j'étais devenu quelqu'un d'autre, comme perdu dans mes rêves. D'interminables discussions, écritures magiques où ses yeux ont pu contempler tes mots abstraits, brouillant les pistes du destin.
Elle t'a aimé plus que tout, toi ironique maître tu l'as enroulé de mystère pour qu'elle oublie ton ignorance amoureuse et plus elle t'aimait, plus la peur te serrai contre elle.


Je t'en veux mon pauvre c½ur de ne pas avoir su la retenir plus longtemps près de moi, de m'avoir fait esclave de tes envies. Bien sûr, tu avais tes raisons, obscure destinée de celui d'un bonheur inaccessible.
Tu l'as observé, joué avec ses sentiments comme on joue avec de la chaleur humaine.
Bien sûr tu te souviens de sa beauté, ses sourires ravageurs éclairèrent les ombres de ton âme pendant l'espace d'un temps. Ah tu regrettes, au fond de ton trou misérable, planqué pour évité une dépression vitale...
Je vais te confier un secret, que je n'ai jamais dit à personne mais promet-moi de ne surtout pas lui dire, je te fais confiance !


Ce qui m'a tout de suite plu chez elle, ce n'est pas tant sa beauté innommable ni son écriture si sublime soit' elle. Non tout ça est bien trop superficiel. Ce qui m'a envahi l'âme à un point de non retour c'est sa pureté. En regardant son blog je me suis aperçu que l'amour pour son cheval était plus fort que tout, plus fort que n'importe quels sentiments. En fait, avec le recul je me suis aperçu que ce n'est pas un sentiment, non c'est une relation unique, une symbiose extraordinaire. Ses convictions en Wotan étaient soudées avec son propre c½ur, indissociable de sa pensée. J'ai observé leurs mouvements, rempli l'air par mon apprentissage de jeune découvreur de sensations. La logique de son âme à été une vraie révélation intérieur.

Tout n'est pas ta faute mon c½ur, j'ai moi-même une grande part de responsabilité dans cette mascarade absurde, j'ai été lamentable. J'ai fui les yeux là ou j'aurais dû les ouvrir, j'ai regardé les gens comme si ils étaient mes esclaves. La vérité honteuse, c'est que j'ai voulu l'avoir sans me laisser avoir, contrôler, recevoir sans rien donner. Ignorants j'ai parlé d'instabilité, de notion de couple impossible, d'union partielle dans le temps mais en réalité j'avais déjà tous ce dont un homme pouvait rêver. Je sais aujourd'hui, à l'heure où les oiseaux s'étendent à l'horizon que je l'aimerai encore et encore, jusqu'à ce que tu t'éteignes, vieux et remplis de nostalgie.

Tu vois mon pauvre c½ur, l'important dans la vie n'est pas l'argent, le pouvoir où l'intelligence, c'est simplement la faculté d'être heureux et de ne pas rechercher le bonheur mais juste le regarder venir à soit.


La suite logique s'est opéré, elle nous a tous les deux laissé tomber. Elle qui m'avait demandé ce que veut dire l'expression être honnête avec son âme, elle prend tous son sens ici... Son amour, si puissant au départ c'est transformé en indifférence, en colère absurde, en liberté mal placée. Ne la juge pas trop vite, car comme toi avant de voir la lumière, elle est persuadé que baisser les bras est la seule solution.
Je suis vraiment désolé, moi qui n'ai pas réussi à te convaincre plus tôt, je ne pense pas arriver à parler à son c½ur à nouveau.

J'arrive au terme de cette note en te demandant de continuer à battre, fait moi voir tes éclats de nostalgies, rend moi l'âme d'antan, quand j'étai heureux de ne pas connaître l'amour...



Je t'aime ma belle...



Jonathan Cimino.
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# Posté le lundi 15 juin 2009 07:35