Une femme, si belle dans son expression d'alchimiste désabusée disparu de ma vision, se refléta sur mon c½ur et se marqua sur mon corps. Ses courbes se dessinèrent sous l'ambiance des bambous parfumées, des collines songeuses. Son visage était celui du mystère, incompréhensible par sa finesse et pourtant déjà nostalgique par sa beauté. Son corps ma fascina tous de suite, imaginant les variations sensuelles qui frôlaient sans cesse ma peau déjà rouge d'envie.
Dans la lueur de ces folies si chaudes, mon regard à suivi le vent qui faufilait ses battements énergiques au-delà des lignes bleu pâle. Je l'ai vu s'accrocher à un arbre, le faire vibrer de certitude, l'enlacé de mensonge. Observant ces vitesses, je me suis rendu compte que les souvenirs s'étaient évanouis et avec eux les notions d'arbre, de forêts immenses, d'environnements magnifiques. Je ne me souvenais plus que ce fût un arbre et pourtant me sentir si proche de ce corps grandi sous les années naissantes me monta l'âme. Je restai là, contemplant l'inaccessible jusqu'à ce qu'il m'apprivoise. Les frémissements de ces branches latentes, ces mouvements ambigus dans le désir d'une vie entière me projetèrent dans le passé. Mon Je était devenu un autre, un étranger dont les vices n'étaient plus cachés par ces conventions absurdes que place les langues affamées. Les mots étaient inconnus, oubliés des années difficiles, de guerres du verbe, d'alchimie perdue. La signification n'avait plus de sens, les rues s'étaient effacées par la mélancolie des vieux artistes. Les violons n'avaient plus de cordes, les sons évaporés par le hasard se continuaient mollement au travers des courants de vie.
Les regards se sont accentués, les baisers ont frôlés les différences, ont annoncés la morale déclinante des échanges si beaux de leurs tournures aléatoires. Je pense encore que c'est à cet instant que j'ai compris ce qu'était l'amour. Il n'est pas, n'existe que dans l'imaginaire des gens malheureux, dans les rêves des idéalistes. Il est l'invention futile d'Hommes désespéré par l'idée de ne pas exister, se décline en versions plus ou moins établies mais ne détient pas de limite. Il est composé de colère, de bonheur égoïste, d'angoisse absurde, de folies magnifiques, de destinées érotiques. Je me soumets avec un optimisme mécanique, je ne l'ai jamais connu. Les expériences que mon corps à vécu se sont limités aux banalités dociles qui hantent les vendeuses de rêves, qui tragiquement hypnotisent les riches c½urs, remplis de haine et de sang. Ces revendeuses se lassent très vite, s'envolent vers l'infini emportant avec les c½urs brisés de solitudes pour les emmener loin, loin vers la mort.
Je me rends compte de plus en plus que peut importe ce que l'Homme vis où crois vivre, peut importe les rencontres éphémères dans l'intimité d'une chambre, d'un bar où d'un cinéma elles ne seront jamais qu'un vague souvenir pour l'âme seul d'un monde trop banal, bien trop éphémères pour mon salut, bien trop absurde pour ma conscience.
Bien vite Cuba, ma belle...
Jonathan Cimino (Ecrit pendant ma pause de travail, 19juin 2009).
